

自2022年以来,数百万乌克兰人一直生活在俄罗斯空袭的持续威胁之下。在基辅,大规模空袭几乎每两到三周就会发生一次,导弹和无人机联合使用。今年,俄罗斯加大了袭击力度,似乎意图让乌克兰陷入漫长的寒冬:如今,基辅几乎每天都遭受袭击。这些袭击的目标很明确:瘫痪首都,彻底摧毁乌克兰的能源供应。尽管莫斯科否认以乌克兰平民为目标,但他们却是每天这些袭击的主要受害者:在基辅,超过300万居民在严冬面临着长期的电力、供水和供暖短缺。与此同时,乌克兰正遭受极地寒流的侵袭,过去两周气温徘徊在零下20摄氏度左右,如今已稳定在零下10摄氏度。
面对如此巨大的破坏,以及1月9日该市核电站遭受毁灭性袭击后,市长维塔利·克利奇科甚至敦促有能力的居民离开这座城市。两周后,他声称,根据基于手机信号塔数据的估计,已有近60万人离开了乌克兰首都。
然而,并非所有人都能离开这座城市,对绝大多数居民来说,他们面临的问题是如何在袭击及其后续影响中幸存下来。在受灾最严重的左岸,大型聚居区,高层公寓的居民尤其脆弱:他们居住在俄罗斯袭击目标——核电站附近,电力、供暖和供水都变得极其不稳定。奥克萨娜是一位母亲,她解释说:“情况非常艰难。我们经常停电十几个小时,甚至二十个小时。即使来电了,也是在半夜,所以我得起来给所有电池充电。没有电,也没有水,而且这栋楼有好几层,水根本到达不到楼上。”
这栋楼已经被无人机袭击得面目全非,低层的窗户也被木板封了起来。然而,奥克萨娜并不打算离开基辅:“我们在西方有亲戚,2022年初我们就躲到那里去了,但我丈夫残疾了,正在等手术,所以我现在不能离开。而且,我们所有的亲戚,包括我的父母,都住在附近的楼里。”和奥克萨娜一样,退休人士瓦伦蒂娜也在努力克服困难:“谢天谢地,楼里还有一部分有暖气,在家的时候,米兰app官网版我总是穿着外套,这样就不会着凉。”对于留在首都的居民来说,日常生活围绕着难得的电力供应展开,他们必须在这些时段给电子设备和电池充电、使用洗衣机或储备自来水。到了夜晚,空袭更加频繁,人们只能在寒冷的地下室、停车场,甚至是地铁站里度过,前提是他们还有力气躲避炸弹。
面对俄罗斯持续空袭基辅,人道主义危机日益恶化,该市已部署了约五十台移动发电机。在一些受灾建筑的庭院里——成千上万栋建筑在每次空袭后,一旦恢复供电,便会再次陷入寒冷和黑暗——救援人员搭建了大型橙色帐篷,作为“避难所”,一个个能源孤岛,居民可以来这里取暖、远程办公,甚至在无法在家过夜的情况下留宿。
这些“避难所”并非新鲜事:自2022年冬季空袭开始以来,配备发电机的公共建筑——政府机关、餐厅、学校——也都成了“避难所”。在市中心历史街区,塔拉斯·舍甫琴科大学对面,一个由乌克兰-哈萨克斯坦协会于2023年搭建的毡房重新开放,成为温暖和电力的避难所。在这里,一位名叫娜塔莎的乌克兰妇女用热茶和哈萨克糕点迎接来访者。她解释说:“哈萨克斯坦人相信我们会胜利,他们用这个毡房给我们带来了些许爱和支持。他们无法为我们提供武器,但他们用其他方式表明他们与我们站在一起。”
然而,在经历了几个侥幸躲过最严重停电的冬季之后,许多这样的“孤岛”如今已无法再为首都居民提供临时住所。在基辅的历史中心,政府机关、大使馆和国际组织云集于此,此前相对较少受到停电的影响,但今年情况已显著恶化。尽管咖啡馆和餐馆仍在营业,但由于小型柴油发电机噪音震耳欲聋、柴油味刺鼻,而且经常在昏暗的环境下运营,因此客流量有所减少。市政应用程序上列出的那些原则上全天候开放、为居民提供暖气和电力的公共建筑仍然关闭。正如一所废弃学校的管理员阿拉所抱怨的那样:“这里没有暖气,没有网络连接,没有电,也没有人来给发电机加满油,所以我们只能关门。”面对这场危机,基辅的学校将在未来几天继续关闭:学校假期已延长至二月初,以便学生尽可能留在城外。
在最新发布的新闻稿中,领先的私营电力供应商DTEK警告其客户:“目前的停电时间表已失效:城市电网仍处于紧急状态;电力供应不足。(…) 此前从未在全球范围内发生过如此大规模的停电。一个月以来,没有一天不停电,我们的工程师面临着一项历史性的任务:尽快恢复供电。”
政府方面,新任能源部长丹尼斯·什米加尔承诺将尽快恢复基础设施,但也警告称俄罗斯可能发动进一步的袭击,“包括对保障核电站运行的基础设施的袭击”。
Depuis 2022, des millions d’Ukrainiens se sont trouvés sous le danger constant des attaques aériennes russes. À Kiev, des raids de grande ampleur, combinant missiles et drones, se succédaient presque régulièrement, toutes les deux ou trois semaines. Cette année, la Russie est passée à la vitesse supérieure et semble vouloir plonger l’Ukraine dans un hiver sans fin : désormais, plus un seul jour ne se passe sans que les attaques se succèdent sur Kiev. Le but de ces frappes est clair : mettre à genoux la capitale et procéder à l’anéantissement total des capacités énergétiques de l’Ukraine. Alors que Moscou nie cibler les civils ukrainiens, ils sont pourtant, quotidiennement, les premières victimes de ces frappes : à Kiev, plus de trois millions de résidents se trouvent, en plein hiver, face à des pénuries prolongées d’électricité, d’eau et de chauffage. Le tout, alors que l’Ukraine est en proie à une vague de froid polaire, où les températures, qui ont avoisiné les -20°C ces deux dernières semaines, se stabilisent désormais à – 10°C.
Devant l’ampleur des dégâts, et suite à une frappe dévastatrice sur les centrales énergétiques de la ville le 9 janvier dernier, le maire Vitali Klitschko a même enjoint ceux des habitants qui le pouvaient à quitter la ville. Deux semaines plus tard, il affirme que selon des estimations basées sur les bornages téléphoniques, près de 600 000 personnes ont quitté la capitale ukrainienne.
Tous ne peuvent cependant pas quitter la ville, et pour une grande majorité de la population, il s’agit de survivre à la fois aux frappes et à leurs conséquences. Sur la rive gauche de la ville, où les quartiers populaires sont les plus affectés, les résidents des barres d’immeubles de grande hauteur sont particulièrement exposés : ils vivent tout près de centrales visées par les Russes, et leur approvisionnement en électricité, chauffage et eau est devenu plus qu’aléatoire. Oksana, une mère de famille explique : «La situation est très difficile, on se retrouve sans électricité pendant dix heures, vingt heures d’affilée. Et lorsqu’elle apparaît, c’est au milieu de la nuit, alors je me lève pour charger toutes nos batteries. Sans électricité, il n’y a pas d’eau non plus, et comme l’immeuble a plusieurs étages, elle n’arrive plus aux étages supérieurs ».
L’immeuble en question a déjà été éventré par une frappe de drones, et les fenêtres des étages inférieurs ont été remplacées par des panneaux en bois. Pourtant, Oksana n’envisage pas de quitter Kiev : « Nous avons bien de la famille dans l’ouest, où nous nous étions réfugiés début 2022, mais mon mari est en situation de handicap et en attente d’une opération, je ne me vois donc pas partir maintenant. En plus, nous avons ici tous nos proches, dont mes parents, dans des immeubles voisins ». Tout comme Oksana, Valentina, une retraitée, tente de survivre malgré les conditions difficiles : « Dieu merci, une partie de l’immeuble est encore chauffée, et chez moi, je conserve mon manteau pour ne pas avoir froid ». Pour ceux des résidents qui restent dans la capitale, le quotidien s’organise autour de rares heures d’électricité pendant lesquelles il faut recharger ses appareils électriques et batteries, faire tourner une machine à laver, ou encore faire des provisions d’eau courante. Les nuits, au cours desquelles les frappes sont plus fréquentes, se passent dans le froid, dans des caves, parkings ou encore stations de métro, pour ceux qui ont encore l’énergie de s’abriter des bombes.
Devant cette crise humanitaire qui s’accentue à mesure que la Russie continue de frapper Kiev, la ville a déployé une cinquantaine de générateurs mobiles. Dans certaines cours d’immeubles affectés, des milliers, qui sitôt reconnectés au réseau énergétique sont à nouveau plongés dans le froid et le noir après chaque nouvelle frappe, les secouristes ont mis en place de grandes tentes oranges qui constituent des « points d’invincibilité », des îlots énergétiques dans lesquels les habitants peuvent venir se réchauffer, travailler à distance ou bien encore passer la nuit si les conditions ne leur permettent plus de dormir chez eux.
Ces îlots ne sont pas une nouveauté : depuis le début des raids aériens à l’hiver 2022, les bâtiments publics dotés de générateurs, administrations, restaurants, écoles, se sont constitués eux aussi « points d’invincibilité ». Dans le centre historique de la ville, en face de l’université Taras Shevchenko, une yourte installée par une association ukraino-kazakhe en 2023 a rouvert ses portes comme îlot de chaleur et d’électricité. Ici, Natacha, ukrainienne, reçoit ceux qui entrent avec un thé chaud et des pâtisseries kazakhes. Elle explique : «Les Kazakhes croient en notre victoire, et avec cette yourte ils nous apportent un peu d’amour et leur soutien. Ils ne peuvent pas nous fournir d’armes, mais ils montrent par d’autres gestes qu’ils sont nos côtés».
{jz:field.toptypename/}Pourtant, après plusieurs hivers où le pire avait été évité, nombre de ces « îlots » ne sont plus en mesure d’accueillir temporairement les résidents de la capitale. Dans le centre historique de la ville, berceau des administrations, ambassades et organisations internationales et jusqu’à cette année relativement épargné par les coupures d’électricité, la situation s’est fortement dégradée. Si les cafés et restaurants fonctionnent encore, en sous-régime, grâce à de petits générateurs diesels au bruit assourdissant et à la forte odeur de diesel, et souvent dans une semi-obscurité, des bâtiments publics répertoriés sur l’application municipale comme ouvertes en principe 24/7 pour servir de refuge de chaleur et d’électricité aux résidents, gardent porte close, comme le déplore Alla, concierge d’une école déserte : « Ici, il n’y a pas de chauffage, ni de connexion internet, ou d’électricité, et personne pour venir remplir le réservoir du générateur, alors on reste fermés». Face à la crise, les écoles de Kyiv resteront d’ailleurs fermées pour les jours à venir : les vacances scolaires ont été prolongées jusqu’à début février, afin que les élèves puissent rester hors de la ville s’ils en ont la possibilité.
Dans l’un de ses derniers communiqués, l’entreprise DTEK, premier fournisseur privé d’électricité, prévient ses usagers : « Les calendriers de coupures d’électricité ne sont pas valables actuellement : la grille énergétique de la ville fonctionne toujours en état d’urgence, il n’y a pas assez d’énergie. (…) Jamais une telle chose ne s’est produite à l’échelle mondiale. Depuis un mois, il n’y a pas eu un seul jour sans panne d’électricité, et nos ingénieurs ont la charge historique de nous remettre sur pied».
Du côté du gouvernement, Denys Shmyhal, nouveau Ministre de l’Énergie, promet de restaurer les infrastructures au plus vite, mais met également en garde contre de nouvelles frappes russes, «y compris sur l’infrastructure qui garantit le fonctionnement des centrales nucléaires».

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